Florez Peretyatko Les Contes d'Hoffmann, Monte Carlo, 2018

C'est à l'Opéra de Monte Carlo qu'Olga Peretyatko, Juan Diego Florez et Nicolas Courjal ont fait leurs débuts dans les trois rôles principaux des Contes d'Hoffmann de Jacques Offenbach. La belle et illustrative mise en scène de Jean-Louis Grinda sert de luxueux écrin à ces prises de rôles. Nicolas Courjal, tout d'abord, dans le rôle des quatre diables est ensorcelant. Son magnétique timbre d'airain, ses graves rocailleux, son art du mot font de lui un interprète idéal. Olga Peretyatko relève haut la main le défi que représentent les trois rôles féminins. Sa virtuosité et ses aigus d'une implacable précision font merveille dans l'acte d'Olympia. Son phrasé comme une caresse et la charge émotionnelle de son chant sont excatement ce qui convient au rôle d'Antonia. Enfin, son timbre plein, doré, enjôleur correspond parfaitement à Giulietta. Pendant toute la soirée, l'excellence de sa composition théâtrale lui permet d'être aussi crédible en poupée mécanique qu'en fille hantée par le deuil de sa mère ou en courtisane cupide et sans coeur. Elle trouve en Juan Diego Florez un partenaire à sa mesure. Son timbre éternellement jeune confère à Hoffmann une certaine naïveté dans l'acte d'Olympia. Rapidement, à mesure que le drame s'assombrit, le ténor péruvien trouve des couleurs plus tragiques qu'on ne lui connaissait pas forcément. C'est ainsi qu'il se révèle aussi à l'aise dans les passages les plus enflammés de l'acte de Giulietta que dans les moments plus élégiaques (un "C'est une chanson d'amour" de toute beauté). Juan Diego Florez incarne un Hoffmann illuminé, déséspéré, profondément touchant dans ses échecs. De plus, on ne vantera jamais assez la qualité hors-norme de sa diction française. Pas un mot n'échappe à la compréhension, tous sont dits avec clarté et émotion.

 

Courjal Peretyatko Les Contes d'Hoffmann, Monte Carlo, 2018

 

 

 

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