lundi 19 mars 2018

Une réédition indispensable !

Critique de  l'intégrale Erato/Warner Classics de Benvenuto Cellini      

Suite au succès commercial de l’intégrale des Troyens dirigée par John Nelson parue en novembre, la maison de disque Erato a réédité le Benvenuto Cellini gravé par le même chef en 2003. Sortie une première fois en 2004, cette intégrale se distingue par une tête d’affiche prestigieuse (Kunde, Ciofi, Naouri pour ne citer qu’eux) et par la présence de John Nelson, chef berliozien convaincu et passionné, à la tête de l’Orchestre national de France. On ne peut donc que se réjouir du retour dans les bacs de nos disquaires de ce Benvenuto Cellini.

Ce qui frappe d’emblée à l’écoute de ce CD, c’est d’abord la qualité de la diction française chez tous les chanteurs et jusque dans les plus petits rôles (seule Joyce DiDonato, sur ce point, n’est pas absolument irréprochable). Ainsi, le cabaretier d’Eric Huchet brille par son intelligence du mot qui lui permet d’être absolument tordant dans l’énumération des vins du deuxième tableau. Les autres rôles secondaires tels que ceux de Francesco, Bernardino ou Pompeo sont tous très bien tenus. Renaud Delaigue incarne un pape faible qui prétend en vain avoir de l’autorité sur Cellini. Il possède un timbre homogène sur toute la tessiture même s’il semble parfois peiner dans le registre le plus grave du rôle. En Fieramosca, Jean-François Lapointe fait montre d’un timbre de baryton lumineux et de beaucoup d’autodérision. Le trio « Demain soir à mardi gras » doit beaucoup à l’humour avec lequel il distille chacune de ses répliques. Dans le rôle de travesti d’Ascanio, Joyce DiDonato déploie son mezzo chaleureux et rayonnant. Pourrait-on imaginer meilleur élève de Cellini que ce jeune garçon au timbre charmeur, moelleux et lumineux ? Ses aigus triomphants et sa ligne de chant particulièrement élégante font de l’air « Cette somme t’es due » une des plus belles pages du disque. Au deuxième acte, elle assume crânement « Tra la la la… Mais qu’ai-je donc ? », imitant le pape avec des graves poitrinés et profonds. Laurent Naouri ne fait qu’une bouchée du rôle de Balducci. Avec une très grande intelligence du texte, il transforme le trésorier fier et colérique en personnage ridicule. Jouant d’un timbre chaud, profond, immédiatement séduisant, il chante un truculent « Ne regardez jamais la lune » et fait merveille dans les ensembles. Patrizia Ciofi est une Teresa à la voix frêle mais au timbre exquisément fruité. « Ah ! que l’amour une fois dans le cœur » lui permet de faire valoir son art de la cantilène et ses aigus cristallins. Au rôle-titre, Gregory Kunde offre la beauté de son timbre doux et corsé, des aigus de tête suaves (notamment dans « Ah ! le ciel, cher époux ») et une diction parfaite. On pourrait à la rigueur réclamer un peu de folie supérieure dans la scène de la taverne ou dans celle de la fonte de la statue mais l’artiste est si touchant dans les pages plus élégiaques…

En somme, cette réédition nous a comblé, dautant plus que les intégrales de Benvenuto Cellini ne sont pas monnaie courante. A se procurer absolument !

Benvenuto Cellini, Erato, 2018

Benvenuto Cellini, opéra en deux actes et quatre tableaux d’Hector Berlioz sur un livret d’Auguste Barbier et de Léon de Wailly, 1838

Benvenuto Cellini : Gregory Kunde

Teresa : Patrizia Ciofi

Giacomo Balducci : Laurent Naouri

Ascanio : Joyce DiDonato

Fieramosca : Jean-François Lapointe

Le pape Clément VII : Renaud Delaigue

Francesco : Eric Salha

Bernardino : Marc Mauillon

Le cabaretier : Eric huchet

Pompeo : Ronan Nédélec

 

Direction musicale : John Nelson

Orchetre national de France et Chœur de Radio France

Une intégrale Erato/Warner Classics enregistrée du 8 au 13 décembre 2003 dans la Salle Olivier Messiaen de la Maison de Radio France


lundi 30 octobre 2017

Résultats des Echo Klassik 2017

Aujourd'hui, la cérémonie ECHO Klassik a eu lieue à l'Elbphilarmonie (Hambourg), récompensant plus d'une cinquantaine d'artistes. Le prix de chanteuse de l'année a été décerné à Joyce DiDonato, récompense qu'elle reçoit pour la quatrième fois, celui de chanteur de l'année à Matthias Goerne. La soprano sud-africaine Pretty Yende s'est vue attribué le prix de jeune artiste montant dans la catégorie chant. Aida Garifullina et Marianne Crebassa ont reçu toutes les deux une récompense pour le meilleur morceau en soliste (catégorie récital de chant pour la première, catégorie duo/ air d'opéra pour la seconde). Enfin, le prix du bestseller de l'année a été décerné au récital Dolce Vita de Jonas Kaufmann.

Aida Garifullina et Pretty Yende aux Echo Klassik

dimanche 8 octobre 2017

Coup d'envoi magistral !

Pour ouvrir sa saison 2017-2018, le Metropolitan Opera de New York a choisi un opéra célébrissime, marqué par la patte des plus grandes cantatrices : Giuditta Pasta, créatrice du rôle, Maria Malibran, plus tard Joan Sutherland et Montserrat Caballé. Mais cet opéra, c'est celui le rôle phare de Maria Callas, celui qu'elle a chanté le plus, celui qu'elle a débarrassé du poids des mauvaises traditions véristes, celui qu'elle a fait entièrement et irrévocablement sien. C'est Norma, sommet du belcanto, qui a ouvert la saison du Met hier soir, retransmis au cinéma, illuminé par une distribution d'exception.

Calleja Radvanovsky Norma, Met, 2017

La mise en scène, confiée à David McVicar, qui réalise ici sa neuvième production pour le Met, joue la carte de la fidélité au livret. L'action se joue soit dans une forêt où l'on voit apparaître l'autel et un dolmen soit dans la hutte de Norma. Certaines images sont très belles, comme les jeux de lumières sur les arbres, d'autres prêtent parfois à sourire, notamment les soldats gaulois, affublés de peintures guerrières et d'armes d'opérette. On regrettera aussi que les gros plans de la captation pour le cinéma mettent en évidence les fermetures Eclair des robes de Norma et Adalgisa. Mais la difficulté de mettre Norma en scène rend indulgent, d'autant plus que la direction d'acteurs est très appréciable. Radvanovsky Norma, Met, 2017

Le bonheur, comme très souvent au Met, est à chercher sur le plan vocal. Déjà, la Clotilde de Michelle Bradley est une belle surprise à la voix ample et fruitée. Joseph Calleja inquiète un peu dans son air d'entrée où, si l'on peut déjà admirer la vaillance de sa voix directe et solaire, il n'atteint qu'avec peine son contre-ut final. Mais on est très rapidement rassuré par le duo avec Adlagisa et le final de l'acte I où, la voix répondant finalement aux exigences de la partition, il peut donner libre cours à un chant facile et lumineux. A l'acte II, le ténor maltais s'avère un partenaire idéal pour la Norma de Sondra Radvanovsky, au chant nuancé dans le final. Dans ce rôle somme toute assez ingrat qu'est Pollione, Joseph Calleja tire son épingle du jeu.Calleja Radvanovsky, Norma, Met, 2017

Joyce DiDonato, en prise de rôle scénique dans le rôle d'Adalgisa, est magistrale de bout en bout. On admire toujours autant la beauté, le moelleux de ce timbre plein de chaleur et de luminosité. Sa technique est irréprochable, depuis des trilles et ornements parfaitement exécutés jusuqu'à une homogénéité su tout l'ambitus y compris dans les notes les plus aiguës, abordées avec la même aisance tranquille que le médium de la tessiture. Dans ses deux duos avec Sondra Radvnavosky, la mezzo américaine est éblouissante de maîtrise et de sensibilité artistique. Le personnage est dessiné avec la même finesse que les enivrantes mélodies de ses interventions. Adalgisa ne se limite pas ici à une victime un peu naïve et perdue. Comme on regrette ici que pas même un air ne soit dédié à ce rôle.

DiDonato Radvanovsky Norma Met, 2017

            Norma trouve en Sondra Radvanovsky une interprète de très grande qualité. Appelée à remplacer Anna Netrenko qui a renoncé au rôle il y a plus d’un an, la soprano canadienne aborde la soirée avec une angoisse apparente et bien compréhensible. Mais si le redoutable « Casta diva » est interprété avec une technique irréprochable et une sincérité touchante, on la sent tout de même bien plus libre dès la caballette « Ah bello a me ritorna », reprise avec beaucoup d’intelligence et de maîtrise. Le rôle de Norma va comme un gant à la cantatrice, rompue à la technique belcantiste comme le démontrent son art de la vocalise et ses sons filés. Actrice consommée, Sondra Radvanovsky fait vivre sous nos yeux un personnage particulièrement humain et touchant.DiDonato Radvanovsky, Norma, Met, 2017

            Les chœurs du Met sont égaux à eux-mêmes en ce soir de première tandis que Carlo Rizzi, à la tête de l’orchestre de la maison, soutient le drame avec conviction et énergie.

            La saison 2017-2018 du Met s’ouvre sous des auspices bien favorables !

Norma, opéra en deux actes de Vincenzo Bellini sur un livret de Felice Romani, 1831

Norma, druidessa : Sondra Radvanovsky

Adalgisa, giovane ministra del tempio di Irminsul : Joyce DiDonato

Pollione, proconsole di Roma nelle Gallie : Joseph Calleja

Oroveso, capo dei druidi : Matthew Rose

Clotilde : Michelle Bradley

Flavio : Adam Diegel

 

Direction musicale : Carlo Rizzi

Mise en scène : David McVicar

Orchestre et chœurs du Metropolitan Opera

Retransmis en direct du Metropolitan Opera, le 7 octobre 2017

dimanche 1 janvier 2017

Résultats chanteur et chanteuse de l'année 2016

Les résultats des élections du chanteur et de la chanteuse OpéraBlog de l'année 2016 sont tombés...

Chez les hommes, Yann Beuron et Michael Spyres obtiennent 11 % des voix chacuns John Osborn et Jonas Kaufmann sont deuxième à ex-aequo avec chacun 22 % des voix. Enfin, le péruvien Juan Diego Florez se hisse à la première place avec 34 % des votes.

Juan Diego Florez a partagé cette année entre son répertoire traditionnel qu'est le belcanto et l'opéra français qu'il esten train de découvrir. Il a notamment fait ses débuts dans le rôle-titre de Werther au Théâtre des Champs Elysées et en Raoul des Huguenots de Meyerbeer. Le ténor péruvien a surtout fêté les vingt ans de ses débuts sur la scène mondiale effectués en 1996 dans Matilde di Shabran au ROF. Il a donné un concert d'anniversaire à Pesaro et y interprété le rôle de Giacomo dans La Donna del Lago.

Florez La Donna del Lago ROF 2016

Chez les femmes, les soprano russes Olga Peretyatko et Anna Netrebko obtiennent chacune 11 % des voix, ainsi que la mezzo française Karine Deshayes. Sabine Devieilhe, Joyce DiDonato et Sonya Yoncheva se partagent la première place avec 22 % des voix chacunes.

Sabine Devieilhe a enchanté le public parisien en Ismène dans Mitridate de Mozart puis avec le rôle-titre de La Sonnambula de Bellini  au TCE. Elle a repris le rôle qui l'a rendue célèbre, Lakmé, au Grand Théâtre d'Avigon. Elle s'est illustrée en Bellezza du Trionfo del Tempo e del Disinganno de Haendel à Aix-en-Provence.

Devieilhe Il Trionfo del Tempo e del Disinganno, Aix en Provence, 2016

Joyce DiDonato s'est illustrée cette année avec son nouveau disque paru chez Erato In War and Peace. Elle y aborde des airs baroques célèbres comme "When I am laid" de Purcell ou "Lascia ch'io pianga" Haendel et des airs moins connus tels "Sprezza il furor del vento" et "Par che di giubilo" de Jommelli. Tous illustrent la guerre et la paix dans ce récital salué unanimement par la critique. Elle a également fait ses premiers pas chez Massenet en Charlotte de Werther au TCE aux côtés de Juan Diego Florez puis au Royal Opera House avec Vittorio Grigolo.

In War and Peace Erato 2016

Sonya Yoncheva était présente sur les grandes scènes lyriques mondiales cette année dans un répertoire très vaste : Alcina à Versailles et Monte-Carlo, Iolanto et La Traviata à l'Opéra National de Paris, La Traviata à Munich, La Bohème au Met, Antonia des Contes d'Hoffmann à Londres, Thaïs aux cotés de Placido Domingo à Salzburg, Tatiana d'Eugène Onéguine à Berlin. Mais on a surtout parlé d'elle pour sa Norma à Londres, en remplacement d'Anna Netrebko. Elle a su y interpréter une Norma poignante et vocalement parfaite malgré sa jeunesse pour le rôle.

Yoncheva Norma, ROH, 2016

mardi 31 mai 2016

Les festivals européens (2016)

Que voir cet été dans les nombreux festivals lyriques européens ? OpéraBlog vous propose une sélection des spectacles à ne pas manquer.

Festival Castell Peralda

Les fidèles de Peralda comme les simples passionnés d’art lyrique ne manqueront pas le 30 years Gala qui célèbrera les trente ans du festival. Daniele Rustioni dirigera l’Orquestra Sinfonica de Barcelona i nacional de Catalunya tandis que Ruggero Raimondi sera chargé de la mise en espace du concert. Il se joindra à Sondra Radvanovsky, Eva-Maria Westbroek, Carlos Alvarez, Marcelo Alvarez et Leo Nucci pour interpréter une poignée d’airs de Giordano, Puccini, Verdi, Rossini, Massenet…

30 years Gala

Direction musicale : Daniele Rustioni

Mise en espace : Ruggero Raimondi

Avec Sondra Radvanovsky, Eva-Maria Westbroek, Carlos Alavarez, Marcelo Alvarez, Leo Nucci, Ruggero Raimondi

Orquestra Sinfonica de Barcelona i nacional de Catalunya

15 juillet 2016

Rossini Opera Festival (Pesaro)

On retrouvera cette année Juan Diego Florez sur la scène qui l’a propulsé dans le monde lyrique dans La Donna del Lago. A ses côtés, le Rodrigo de Michael Spyres devrait faire des étincelles. Côté « opera buffa », Il Turco in Italia sera à l’affiche du Teatro Rossini avec Olga Peretyatko dans le rôle de Fiorilla et un trio masculins alléchants : ErwinSchrott en turc, Nicola Alaimo en mari trompé et Pietro Spagnoli en poète inspiré.

Florez Peretyatko Matilde di Shabran, Pesaro, 2012

La Donna del Lago, G. Rossini

Direction musicale : Michele Mariotti

Mise en scène : Damiano Michieletto

Avec Salome Jici (Elena), Juan Diego Florez (Uberto/Giacomo V), Michael Spyres (Rodrigo), Varduhi Abrahamyan (Malcolm)...

Orchestra e coro del Teatro communale di Bologna

8, 11, 14, 17 août 2016

Il Turco in Italia, G. Rossini

Direction musicale : Speranza Scappucci

Mise en scène : Davide Livermone

Avec Olga Peretyatko (Fiorilla), Erwin Schrott (Selim), Nicola Alaimo (Geronio), Pietro Spagnoli (Prosdocimo)...

Filarmonica Rossini

9, 12, 15, 18 août 2016

Salzburger Festspiele

Le prestigieux festival autrichien propose cette année encore un programme si alléchant qu’il mériterait de figurer en entier sur cette page. Cependant, nous sommes forcés de faire un choix aussi ne retiendrons nous que trois titres : Faust qui bénéficiera d’une version scénique, Manon Lescaut avec à l’affiche Anna Netrebko et Yusif Eyvazov et Il Templario. Ce dernier est un opéra belcantiste d’Otto Nicolai redécouvert dans les années 90 mais resté peu joué. Joyce DiDonato et Juan Diego Florez sont sans doute les plus à même de présenter sous son meilleur jour une œuvre enracinée dans leur répertoire de prédilection.Abdrazakof Beczala Faust, Bastille, 2015

Faust, C. Gounod

Direction musicale : Alejo Pérez

Mise en scène Reinhard von der Thannen

Avec Piotr Beczala (Faust), Maria Agresta (Marguerite), Ildar Abdrzakof (Méphisto)...

Wiener Philarmoniker

10, 14, 17, 20, 23, 26, 29 août 2016

Manon Lescaut, G. Puccini

Direction musicale : Marco Armiliato

Version concertante

Avec Anna Netrebko (Manon Lescaut), Yusif Eyvazov (Des Grieux)...

Münchner Rundfunkorchester

1, 4, 7 août 2016

Il Templario, O. Nicolai

Direction musicale : Andrés Orozco-Estrada

Version concertante

Avec Juan Diego Florez (Vilfredo d’Ivanhoe), Joyce DiDonato (Rebecca), Adrien Sâmpetrean (Cedrico il Sassone)...

Wiener Philarmoniker

27, 30 août 2016

Chorégies d’Orange

On n’attend pas des Chorégies d’Orange de nous faire découvrir de nouveaux titres. Nous conseillerons donc à nos lecteurs d’aller voir deux titres du « grand » répertoire : Madama Butterfly et La Traviata. On ose espérer qu’ils ne seront pas déçus car il y aura à l’affiche Ermonela Jaho en Cio-Cio San et Diana Damrau en Violetta.Damrau Domingo, La Traviata, Met, 2013

Madama Butterfly, G. Puccini

Direction musicale : Mikko Franck

Mise en scène : Nadine Duffaut

Avec Ermonela Jaho (Cio-Cio San), Bryan Hymel (Pinkerton), Marie-Nicole Lemieux (Suzuki)...

Orchestre philarmonique de Radio France

9, 12 juillet 2016

La Traviata, G. Verdi

Direction musicale : Daniele Rustioni

Mise en scène : Louis Désiré

Avec Diana Damrau (Violetta Valéry), Francesco Meli (Alfredo Germont), Placido Domingo (Giorgio Germont)…

Orchestre national Bordeaux-Aquitaine

3, 6 août 2016

Festival d’Aix-en-Provence

C’est à Aix qu’il faudra aller cette année pour entendre les grandes voix françaises : Stéphane Degout et Laurent Naouri dans Pélléas et Mélisande et Sabine Devielhe dans Il Trionfo del tempo e del disinganno. A noter aussi que l’opéra de Haendel sera joué par le Concert d’Astrée, dirigé bien-entendu par Emmanuelle Haïm.Devielhe Spyres, Mitridate, Théâtre des Champs Elysées, 2016

Pélléas et Mélisande, C. Debussy

Direction musicale : Esa-Pekka Salonen

Mise en scène : Katie Mitchell

Avec Stéphane Degout (Pélléas), Barbara Hannigan (Mélisande), Laurent Naouri (Golaud)...

Cape Town Philarmonia Orchestra

2, 4, 7, 13, 16 juillet 2016

Il Trionfo del tempo e del disinganno, G.F. Haendel

Direction musicale : Emmanuelle Haïm

Mise en scène : Krzystof Warlikowski

Avec Sabine Devielhe (Bellezza),  Sara Minyardo (Disinganno), Franco Fagioli (Piacere), Michael Spyres (Tempo)

Le Concert d’Astrée

1, 4, 6,9, 12, 14 juillet 2016

Bayerische Staatsoper Opernfestspiele

Cette année, à Munich, on ne manquera pas La Juive, grand opéra français trop rarement donné, d’autant plus qu’on pourra y entendre Roberto Alagna et John Osborn dans les rôles respectifs de Eléazar et Léopold. Aleksandra Kurzak, annoncée dans le rôle d’Eudoxie, a surpris le monde lyrique en acceptant de remplacer Kristine Opolais en Rachel. On est impatient de voir si le choix est bon. Bien-sûr, on profitera d’être dans la ville pour acclamer ses deux favoris, Jonas Kaufmann et Anja Harteros. Le premier chante dès maintenant jusqu’en juillet dans Die Meistersinger von Nürnberg et la seconde dans Der Rosenkavalier, où elle n’a pas de rivale en Maréchale. On retrouvera le couple dans Tosca aux côtés du terrifiant Scarpia de Bryn Terfel.

Harteros Kaufmann Don Carlo, Salzburg, 2013

La Juive, F. Halévy

Direction musicale : Bertrand de Billy

Mise en scène : Calixto Bieito

Avec Aleksandra Kurzak (Rachel), Roberto Alagna (Eléazar), John Osborn (Léopold)…

Bayerisches Staatsorchester

26, 30 juin, 4, 8 juillet 2016

Die Meistersinger von Nürnberg, R. Wagner

Direction musicale : Kirill Petrenko

Mise en scène : David Bösch

Avec Jonas Kaufmann (Walther von Stolzing)…

Bayerisches Staatsorchester

4 juin, 28, 31 juillet 2016

Tosca, G. Puccini

Direction musicale : Kirill Petrenko

Mise en scène : Luc Bondy

Avec Anja Harteros (Floria Tosca), Jonas Kaufmann (Mario Cavaradossi), Bryn Terfel (Scarpia)...

Bayerisches Staatsorchester

25, 28 juin, 1er juillet 2016

Der Rosenkavalier, R. Strauss

Direction musicale : Kirill Petrenko

Mise en scène : d’après Jürgen Rose et Otto Schenk

Avec Anja Harteros (die Feldmarschallin)…

Bayerisches Staatsorchester

14, 17 juillet 2016

vendredi 1 janvier 2016

Jonas Kaufmann et Joyce DiDonato élus chanteur et chanteuse de l'année 2015

Voici les résultats de l'élection du chanteur et de la chanteuse de l'année 2015 par les lecteurs d'OpéraBlog.

Chez les chanteurs, JONAS KAUFMANN a été élu à l'unanimité.

Chez les chanteuses, JOYCE DIDONATO a été avec la moitié des voix.

OpéraBlog a sélectinonné pour vous les temps forts de leur année lyrique.Faust Coulisses DiDonato Kaufmann, Met, 2011

Jonas Kaufmann

JANVIER

Jonas Kaufmann fait une prise de rôle fracassante dans le rôle-titre d'Andrea Chenier d'Umberto Giordano à Londres. Accompagné par la baguette complice d'Antonio Pappano et l'orchestre du Royal Opera House, le ténor allemand s'affirme dans le répertoire vériste italien.

FEVRIER

A Rome, Jonas Kaufmann enregistre la première Aida en studio depuis vint-cinq ans. Antonio Pappano est de nouveau de la partie, dirigeant l'Orchestra dell'Accademia di Santa Cecilia. La distribution réunit les meilleurs chanteurs verdiens actuels : Anja Harteros, Ekaterina Semenchuk et Ludovic Tézier. Le concert de clôture remporte un succès pharaonique.

 

Kaufmann Harteros Pappano Tézier Aida, Roma, 2015

 

MARS-AVRIL

A Salzburg, le ténor allemand continue son parcours vériste avec deux prises de rôles : Turridu dans Cavalleria rusticana et Canio dans Pagliacci. Il apporte à ce dernier une noirceur et une profondeur époustouflante.

MAI

Dans sa ville natale de Munich, Jonas Kaufmann reprend Don Alvaro dans La Forza del Destino dans une mise en scène de Martin Kusej. Il forme un duo incandescent avec Anja Harteros, sa partenaire de prédilection.

 

Harteros Kaufmann, La Forza del Destino, 2013

 

JUILLET

Jonas Kaufmann triomphe en Don José de Carmen aux Chorégies d'Orange. A ses côtés, Kate Aldrich est une Carmen de chair et de sang.

AOUT

Au Festival de Salzburg, dans Fidelio, Jonas Kaufmann reprend le rôle de Florestan. Tandis que la mise en scène de Claus Guth laisse perplexe, le Florestan torturé du ténor bavarois suscite l'enthousiasme le plus vif.

 

Kaufmann Pieczonka Fidelio, Salzburg, 2015

 

SEPTEMBRE

Tandis que Jonas Kaufmann ravit le public et la critique en Radamès (Aida) à Muncih, son CD consacré à Puccini est encensé par une presse unanime.

OCTOBRE

L'intégrale d'Aida gravée en février suscite les critiques les plus élogieuses tandis que Jonas Kaufmann est porté aux nues par le public du Théâtre des Champs Elysées pour son Bacchus dans Ariadne auf Naxos.

DECEMBRE

Jonas Kaufmann revient à l'Opéra National de Paris après cinq ans d'abscence dans La Damnation de Faust. Si la mise en scène d'Alvis Hermanis est fortement critiquée, la prestation du ténor bavarois enchante spectateurs et journalistes.

 

Terfel Mercy Koch Kaufmann La Damnation de Faust, Bastille 2015

 

Joyce DiDonato

JANVIER

Joyce DiDonato commence son année à Barcelone. Elle incarne le rôle-titre dans Maria Stuarda dans la mise en scène de Moshe Leiser et Patrice Caurier. La reine écossaise a rarement été aussi bien interprétée : la mezzo américaine saisit toutes les facettes du rôle, son implication dramatique n'a d'égal que la perfection de ses vocalises.

FEVRIER-MARS

Joyce DiDonato chante au Metropolitan Opera avec son partenaire de toujours, Juan Diego Florez. Ils partagent le haut de l'affiche avec Daniella Barcellona et John Osborn dans La Donna del Lago. Dans un des rôles qui la mettent le mieux en valeur Joyce DiDonato rayonne. Sa voix lumineuse, son timbre charnu, son agilité époustouflante et ses talents de comédienne en font l'Elena de notre époque.

 

DiDonato La Donna del Lago, Met, 2015

 

AVRIL

A Baden-Baden, sous la baguette experte de Sir Simon Rattle et entourée des excellents Charles Castronovo et Ludovic Tézier, Joyce DiDonato est admirée en Marguerite dans La Damnation de Faust d'Hector Berlioz.

 

DiDonato La Damnation de Faust, Baden Baden, 2015

 

JUIN-JUILLET

A Zürich, Joyce DiDonato reprend le rôle de Romeo dans I Capuleti e i Montecchi. Sa crédibilité scénique et son intensité dramatique sont loués par la critique.

SEPTEMBRE

Tandis que la mezzo américaine et Antonio Pappano sont à l'affiche d'un Don Giovanni à Tokyo, leur CD Joyce and Tony at Wigmore Hall fait à la fois les délices des amateurs d'opéra et de comédie musicales.

 

Joyce and Tony at Wigmore Hall, Erato, 2015

 

DECEMBRE

Joyce DiDonato est à nouveau Elena dans La Donna del Lago au Metropolitan Opera. Entourée d'un plateau presque identique qu'en février et mars à l'exception de Juan Diego Florez ayant cédé sa place à Lawrence Brownlee, elle offre au public new-yorkais un cadeau de Noël inoubliable.

 

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dimanche 15 mars 2015

La Donna del Lago : achèvement de la perfection

Hier soir a été jouée la dernière représentation de La Donna del Lago au Metropolitan Opera. La distribution, très alléchante sur la papier, a largement tenu ses promesses. Joyce DiDonato s'impose aujourd'hui comme l'une des plus grandes, sinon la plus grande, Elena. Graves profonds, aigus et ornementation faciles, voix ronde et chaude alliée à une présence scénique époustouflante... Que demander de plus ? Juan Diego Florez, rossinien jusqu'au bout des ongles, est un Giacomo V capable du plus beau des altruismes comme de la plus violente des fureurs. Ses aigus vertigineux et sa voix de soleil lui valent l'une des plus bruyantes ovations de la soirée. Servie par une tessiture très large, Daniela Barcellona est un Malcolm idéal, aussi sensible que valeureux. John Osborn, en grande forme vocale, est un Rodrigo encore plus guerrier qu'amoureux. Son entrée du premier acte, périlleuse à l'excès, est un véritable tour de force. Oren Gradus met au service de Douglas sa voix de bronze. Les seconds rôles sont tout à fait convenables. Mention spéciale pour l'Albina d'Olga Makarina, voix céleste et cristalline dans le final de l'acte I.

La direction de Michele Mariotti est exemplaire. Faisant constamment avancer le récit, il se montre également capable de tirer de magnifiques sonorités de son orchestre dans les moments plus élégiaques. Les choeurs du Metropolitan Opera sont tout simplement somptueux tout particulièrement dans la scène des druides.

La mise en scène de Paul Curran offre quelques belles images notamment l'entrée d'Elena au premier acte.

Conclusion : la renaissance Rossini se porte bien !

DiDonato Florez Osborn La Donna del Lago, Met, 2015

Distribution : 

Elena : Joyce DiDonato

Giacomo V : Juan Diego Florez

Malcolm : Daniela Barcellona

Rodrigo : John Osborn

Douglas : Oren Gradus

Albina : Olga Makarina

Sereno : Eduardo Valdès

Bertram : Gregory Schmidt

Orchestre et choeurs du Metropolitan Opera

Direction musicle : Michele Mariotti

Mise en scène : Paul Curran

vendredi 13 mars 2015

"La Donna del Lago" au Metropolitan Opera

Demain, sera diffusée en direct sur grand écran la dernière représentation de La Donna del Lago au Metropolitan Opera. La mise en scène est signée Paul Curran et Michele Mariotti sera à la baguette. Joyce DiDonato chantera Elena, Juan Diego Florez le roi d'Ecosse, Daniela Barcellona Malcom et John Osborn l'infâme Rodrigo.

 La Donna del Lago fait partie des oeuvres de la seconde tendance de Rossini. Cet opéra semi-séria écrit pour la Colbran, muse, maîtresse puis épouse du compositeur, n'a pas connu un succès immédiat. D'après Stendhal, la première fut un fiasco total et Rossini quitta Naples aussitôt après, répandant la nouvelle que La Donna del Lago avait été un triomphe. Mais entre temps, d'autres représentations avient été données et le plublic était tombé sous le charme de l'oeuvre. C'était donc la vérité que Rossini avait divulguée sans le vouloir ! 

La Donna del Lago a une intrigue pour le moins complexe... Vers 1530, dans les Higlands près de Stirling, des chevaliers seJoyce Didonato et Juan Diego Florez dans La Donna del Lago au Royal Opera House en 2013

 rebellent contre le jeune roi d'Ecosse Jacques V (ténor). Le père d'Elena, Douglas (basse), précepteur injustement banni, s'est mis sous la protection d'un des chefs rebelles, Rodrigo (ténor). Elena (soprano) est promise à Rodrigo mais c'est le jeune Malcom (mezzo-soprano), un autre rebelle, qu'elle aime. Jacques V tombe amoureux d'Elena, la mystérieuse dame du lac, et séjourne chez elle sous le nom d'Uberto. La jeune femme tient devant Jacques V des propos qui lui donnent de l'espoir alors qu'ils étaient destinés à Malcom. Elena fait comprendre à Rodrigo qu'elle ne désire pas l'épouser ce qui hattise sa haine mais une bataille entre les rebelles et les troupes royales interrompt la scène. Uberto retrouve Elena et lui déclare sa flamme. Se voyant refusé, il lui offre son amitié et une bague qui, dit-il, lui a été offerte par le roi en récompense d'un service et permettra à Elena d'obtenir n'importe quelle faveur royale. Rodrigo les surprend et, fou de jalousie, se bat en duel avec Jacques V, toujours sous couvert d'anonymat, sous les yeux des troupes rebelles et royales venues secourir leur chef. Rodrigo est tué et les troupes rebelles vaincues. Elena se rend au château de Stirling pour demander la grâce de son père et des rebelles. Jacques V cède aux demandes d'Elena et donne la main de cette dernière à Malcolm

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